La retraite d’un expatrié se joue rarement dans un seul pays. Une mission à Singapour, quelques années en Allemagne, un poste au Canada, puis un retour en France : chaque étape a ouvert, ou parfois laissé de côté, des droits à la retraite. En France, ils se répartissent déjà entre près de vingt caisses. À l’étranger, tout dépend du pays et de l’accord qui le lie à la France. Réunir cet ensemble, vérifier ce qui compte vraiment et choisir la meilleure date de départ demande une lecture d’expert.
Selon nos dossiers, 85% présentent au moins une anomalie sur les périodes internationales.
Origami&Co reconstitue l’intégralité de votre carrière, coordonne vos périodes à l’étranger et pilote vos droits, avec un interlocuteur unique.
Pourquoi la retraite d’un expatrié est un cas à part
Détaché ou expatrié : deux statuts qui changent tout
Tout commence par une distinction décisive, souvent mal comprise. Le salarié détaché reste rattaché au régime général : son employeur continue de cotiser en France comme s’il y travaillait, et il accumule normalement ses trimestres et ses points de retraite complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco). Ce statut protecteur est prévu pour une durée limitée, fixée par la convention applicable à votre pays d’accueil. Le salarié expatrié, lui, sort du régime obligatoire français et relève du système de retraite local. Ses années à l’étranger ne génèrent alors plus automatiquement de droits en France. Savoir sous quel statut chaque période a été effectuée est le premier réflexe de tout bilan sérieux.
Une carrière répartie entre plusieurs pays et régimes
Un expatrié est presque toujours polypensionné : ses droits se répartissent entre plusieurs régimes, français comme étrangers. Chaque pays applique ses propres règles d’âge, de durée et de calcul. Le montant final de votre retraite ne dépend donc pas d’une seule caisse, mais de la façon dont ces régimes se coordonnent, ou non, entre eux. Une bonne préparation consiste d’abord à cartographier précisément où vous avez cotisé, et sous quel régime.
Des périodes à l’étranger souvent mal comptabilisées
Les erreurs se logent presque toujours aux jointures, là où votre carrière passe de la France à l’étranger, puis d’un pays à un autre. Une période mal reportée, un statut de détachement non enregistré, une année étrangère jamais signalée à l’Assurance retraite : ces oublis sont fréquents et rarement visibles au premier coup d’œil. Or une anomalie non corrigée avant la liquidation de vos droits est, dans la majorité des cas, définitive. C’est précisément là que se joue une part de votre future pension.
Comment vos périodes à l’étranger comptent pour votre retraite française
Bonne nouvelle de départ : les périodes que vous avez cotisées en France avant votre départ restent définitivement acquises. Pour celles travaillées hors de France, tout dépend du pays concerné. Trois cas de figure se présentent.
Pays de l’Union européenne, de l’EEE et Suisse : la coordination européenne
Si vous avez travaillé dans l’Union européenne, dans l’Espace Économique Européen (EEE) ou en Suisse, des règlements de coordination s’appliquent. Vos périodes y sont prises en compte pour l’atteinte du taux plein : c’est le mécanisme de totalisation, qui additionne vos durées d’assurance de tous ces pays pour vérifier vos droits. Les jours travaillés sont convertis en trimestres selon des règles précises, par exemple un trimestre validé tous les 66, 78 ou 90 jours selon le rythme de travail local. Le montant de votre pension française correspond alors au calcul le plus favorable entre deux méthodes : la pension dite nationale, calculée sur votre seule carrière française, et la pension dite communautaire, calculée au prorata après totalisation. Chaque État vous verse ensuite sa propre quote-part.
Pays lié à la France par une convention bilatérale
Hors Europe, la France a signé une convention bilatérale de sécurité sociale avec une quarantaine de pays. Lorsque vous avez travaillé dans l’un d’eux, vos périodes peuvent être retenues pour l’atteinte du taux plein, selon les termes propres à chaque convention. Là encore, chaque État calcule et verse la part correspondant aux années cotisées chez lui. Les règles diffèrent d’une convention à l’autre : deux expatriés au parcours voisin peuvent aboutir à des résultats très différents selon les pays traversés.
Pays sans convention ni règlement : les angles morts
Si vous avez travaillé dans un pays qui n’a ni règlement européen ni convention avec la France, ces périodes ne sont pas créditées dans votre carrière. Elles ne disparaissent pas pour autant de votre réflexion : c’est souvent là qu’interviennent l’assurance volontaire vieillesse ou le rachat de trimestres, que nous détaillons plus bas, pour éviter que ces années ne laissent un trou durable dans votre pension.
Carrière pluri-pays : quand les conventions ne s’additionnent pas
C’est le cas le plus délicat, et le plus mal anticipé. Les conventions bilatérales lient la France à un pays donné, mais ne se cumulent pas entre elles. Concrètement, si votre carrière traverse plusieurs pays conventionnés, le régime français ne peut en principe retenir qu’une seule convention, sauf accord tripartite spécifique. Prenons un exemple : une carrière partagée entre la France, un pays d’Afrique et le Canada peut totaliser un nombre de trimestres largement suffisant sur le papier, tout en voyant les années d’un des pays purement écartées du calcul, faute d’accord entre ces deux États. Le résultat peut peser lourd sur la pension. Détecter ce type de piège en amont, et arbitrer la meilleure combinaison possible, fait partie de notre travail.
Voici comment se comportent vos périodes selon le pays concerné :
| Critère | Pays de l’UE, EEE, Suisse | Pays avec convention bilatérale | Pays sans convention ni règlement |
|---|---|---|---|
| Prise en compte pour le taux plein | Oui, par totalisation | Oui, selon la convention | Non |
| Calcul du montant | Le plus favorable entre pension nationale et pension communautaire (prorata) | Chaque État calcule et verse sa part | Aucun droit français généré sur ces années |
| Qui vous verse | Chaque pays sa quote-part | Chaque État sa part | Le seul régime général, sur vos autres périodes |
| Point de vigilance | Conversion des jours en trimestres | Une seule convention retenue si carrière pluri-pays | Assurance volontaire (CFE) ou rachat à envisager |
Les leviers d’optimisation propres aux expatriés
Comprendre comment comptent vos périodes n’est qu’une première étape. L’objectif est de construire la meilleure stratégie de départ possible.
1. Cotiser volontairement pendant l’expatriation
Pendant que vous travaillez hors de France sous statut expatrié, vous pouvez continuer à vous constituer des droits français grâce à l’assurance volontaire vieillesse de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE). Vos cotisations sont reversées à l’Assurance retraite et génèrent des trimestres, comme si vous étiez resté affilié au régime général. L’adhésion doit se faire dans un délai limité après la fin de votre activité en France, ce qui en fait une décision à ne pas différer.
2. Sécuriser votre retraite complémentaire
L’assurance volontaire couvre la retraite de base. Pour la retraite complémentaire, les salariés expatriés, en particulier les cadres, peuvent adhérer à un dispositif rattaché à l’Agirc-Arrco à l’international, historiquement connu sous le nom d’IRCAFEX. Continuer à alimenter votre complémentaire pendant l’expatriation évite de creuser un écart sur cet étage de pension, qui pèse souvent lourd dans le total. Nous vérifions ce qui a réellement été cotisé et ce qu’il reste possible de consolider.
3. Racheter les trimestres des années passées à l’étranger
Le rachat n’est utile que dans certains cas. Bien ciblé, un rachat de trimestres peut combler des années non cotisées à l’étranger, vous permettre d’atteindre le taux plein plus tôt et d’éviter une décote durable. Nous en chiffrons le coût réel face au gain de pension attendu, base et complémentaire comprises, avant que vous ne décidiez. Jamais l’inverse.
4. Choisir votre date de départ dans un cadre multi-pays
Les régimes étrangers n’ouvrent pas toujours les droits au même âge que le régime français, et n’appliquent pas les mêmes durées. Partir trop tôt d’un côté peut vous faire perdre l’avantage acquis de l’autre. Nous calculons plusieurs scénarios de date, en tenant compte de l’ensemble de vos régimes, et vous remettons un comparatif clair du montant obtenu à chaque échéance.
5. Percevoir sereinement votre pension depuis l’étranger
Résider hors de France ne vous empêche pas de percevoir votre retraite française : elle peut vous être versée sur un compte à l’étranger. Deux points appellent toutefois de la rigueur. D’abord le certificat de vie, que les caisses vous demandent de renvoyer périodiquement pour maintenir vos versements. Ensuite la fiscalité : selon votre pays de résidence et les conventions fiscales de non double imposition signées avec la France, l’imposition de vos pensions varie. Nous vous éclairons sur le volet retraite et travaillons aux côtés de vos conseils habituels pour le reste.
Notre méthode d’accompagnement
Notre démarche est à la fois pédagogique (pour que vous compreniez chaque décision) et méthodique (pour ne laisser aucune anomalie subsister). Elle se déroule en 6 étapes :
1. Pré-analyse et collecte
Pré-analyse et collecte des documents pour la reconstitution de votre carrière, puis validation auprès des caisses.
2. Recherche réglementaire
Recherche de toutes les particularités réglementaires applicables à votre situation.
3. Calculs des pensions
Calculs des futurs montants de vos pensions à différentes dates.
4. Comparatif des scénarios
Comparatif des scénarios mettant en exergue le plus avantageux pour vous.
5. Remise de votre étude
Remise de votre étude vous permettant de bien comprendre vos enjeux.
6. Mise en œuvre
Mise en œuvre des préconisations choisies.
De la première analyse à la mise en œuvre, vous gardez un interlocuteur unique pour l’ensemble de vos régimes.

Marilyn Vilardebo et Origami & Co dans la presse
Marilyn Vilardebo a fondé Origami&Co après plusieurs années d’expertise dans le conseil retraite et l’accompagnement des CSP+. Son approche : traiter chaque dossier retraite avec la même rigueur qu’un dossier patrimonial, parce que c’en est un.
Origami&Co est régulièrement sollicité par les médias économiques de référence sur les sujets retraite des professions de santé et des CSP+. Le cabinet accompagne ses clients depuis ses bureaux de Lyon et de Paris, avec des échanges à distance partout en France et à l’international.
Vu dans la presse : BFMTV · Les Échos · Le Point · Capital · La Tribune · Le Progrès
Questions fréquentes
Le salarié détaché reste affilié au régime français : il continue de valider des trimestres et des points de complémentaire pendant sa mission, pour une durée limitée fixée par la convention applicable. Le salarié expatrié sort du régime obligatoire français et relève du système local ; ses années à l’étranger ne génèrent plus de droits en France, sauf s’il cotise volontairement. Un même parcours peut alterner les deux statuts, d’où l’importance de le retracer précisément.
Cela dépend du pays. Dans l’Union européenne, l’EEE et en Suisse, ainsi que dans la quarantaine de pays liés à la France par une convention bilatérale, vos périodes sont prises en compte pour l’atteinte du taux plein, chaque pays versant sa part. Dans un pays sans convention ni règlement, ces années ne sont pas créditées côté français. Vérifier le statut de chaque pays traversé est indispensable.
La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) permet de cotiser volontairement à l’assurance retraite du régime de base pendant votre expatriation, et ainsi de continuer à valider des trimestres. C’est souvent pertinent quand vous travaillez dans un pays non conventionné, mais l’intérêt dépend de votre situation et le délai d’adhésion est limité. Nous évaluons avec vous si c’est le bon levier, sans rien vous vendre.
Pas toujours. Au sein de l’Union européenne, de l’EEE et de la Suisse, les périodes se totalisent. En revanche, les conventions bilatérales hors Europe ne se cumulent pas entre elles : le régime français ne peut en principe en retenir qu’une seule, sauf accord tripartite. Une carrière pluri-pays peut donc voir certaines années écartées du calcul. C’est un point que nous analysons systématiquement.
Oui. Votre pension française peut vous être versée sur un compte situé à l’étranger. Vous devrez simplement renvoyer périodiquement un certificat de vie à vos caisses pour maintenir vos versements, et tenir compte des règles fiscales de votre pays de résidence.
L’imposition dépend de votre pays de résidence et de la convention fiscale de non double imposition qu’il a signée, ou non, avec la France. Selon les cas, vos pensions sont imposées en France, dans votre pays de résidence, ou selon une répartition prévue par la convention. Nous vous orientons sur le volet retraite et vous invitons à valider le détail fiscal avec votre conseil.
Dans certains cas, oui. Le rachat de trimestres peut combler des périodes non cotisées et vous rapprocher du taux plein. Son intérêt se mesure toujours au cas par cas, en comparant le coût du rachat au gain de pension réellement attendu. Nous réalisons ce calcul avant toute décision.
Idéalement au moins 5 ans avant la date de départ envisagée, le temps de reconstituer les périodes internationales, de corriger les anomalies et d’étudier les scénarios d’optimisation. Pour un expatrié, ces délais sont souvent allongés par les échanges avec les régimes étrangers : anticiper est encore plus décisif que pour une carrière franco-française.
Votre carrière internationale est unique, votre retraite doit l’être aussi. Échangeons sur les pays que vous avez traversés, vos statuts successifs et vos objectifs : nous vous présenterons concrètement ce qu’un accompagnement Origami&Co peut apporter à votre dossier.
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