La CNBF verse aux avocats deux pensions qui s’additionnent : une base forfaitaire, de 19 154€ par an en 2026 pour une carrière complète, et une complémentaire par points.
Le départ est possible de 62 ans et 9 mois à 64 ans selon la génération, et le taux plein est acquis à 67 ans.
Voici comment se calcule votre future retraite, ce que coûtent les cotisations en 2026 et comment faire votre demande.
En bref
Les chiffres clés en 2026

Qu’est-ce que la CNBF ?
La Caisse nationale des barreaux français est l’organisme de sécurité sociale autonome des avocats.
Créée en 1948 comme section de la CNAVPL, l’organisme des professions libérales, elle est autonome depuis 1954, selon son historique officiel.
Vous y êtes affilié dès votre inscription au Barreau, en libéral comme en salariat. Elle gère deux étages de retraite, l’invalidité-décès et l’action sociale.
Si vous avez été salarié ou juriste avant de prêter serment, vos droits au régime général et à l’Agirc-Arrco s’y ajoutent.
Notre article sur les différents régimes de retraite en France montre comment ces organismes s’articulent.
À quel âge un avocat peut-il partir à la retraite ?
Vous pouvez partir dès l’âge légal, fixé selon votre date de naissance.
La durée exigée se compte toutes activités confondues et reste la même que pour les salariés.
Les âges viennent de la page de la CNBF sur la préparation de la retraite, à jour de la loi du 30 décembre 2025 qui suspend la réforme de 2023.
Les trimestres viennent de la fiche Service-public.fr sur la durée d’assurance, vérifiée le 1er janvier 2026.
À 67 ans, la décote disparaît, quel que soit votre parcours. Chaque année civile compte au plus 4 trimestres, même avec plusieurs activités.
Un départ anticipé reste possible pour handicap, longue carrière ou pénibilité : voir notre guide sur la retraite anticipée.
Pour être payé, il faut aussi quitter le Barreau, sauf cumul, et être à jour de ses versements.
Comment est calculée la retraite de base CNBF ?
Le régime de base ne dépend pas de vos revenus : il verse un forfait, fixé tous les ans par l’assemblée générale.
Ce forfait atteint 19 154€ brut par an en 2026 pour un parcours complet, après une hausse de 1% au 1er janvier, selon le barème 2026 de la CNBF.
En deçà de la durée requise, il est proratisé :
Base = 19 154€ × trimestres au Barreau ÷ trimestres exigés
Selon la CNBF, un confrère né en 1968 avec 146 trimestres de Barreau touche 19 154 ÷ 172 × 146 = 16 259€ par an.
Décote, surcote et majoration familiale
Décote : s’il vous en manque avant 67 ans, chaque trimestre manquant coûte 1,25%, sur 20 au plus. Les deux étages sont réduits.
On retient le plus petit des deux écarts : celui qui vous sépare de la durée requise, ou celui qui vous sépare de 67 ans.
Surcote : chaque trimestre travaillé depuis juillet 2010 au-delà de l’âge minimum et de la durée exigée ajoute 1,25% au forfait, mais rien aux points.
Majoration familiale : avoir eu ou élevé au moins 3 enfants majore de 10% le forfait (effet depuis le 1er octobre 2023) et les points (depuis le 1er janvier 2024).
Comment fonctionne la retraite complémentaire CNBF ?
Ce second étage fonctionne par points. Tous les ans, vos versements proportionnels sont convertis en points, au coût d’achat de 12,5229€ le point en 2026.
À la liquidation, le total des points est multiplié par la valeur de service du point : 1,0262€ depuis le 1er janvier 2026, en hausse de 1,5%.
Avec 10 000 points, vous touchez 10 262€ brut par an.
Ces points sont servis en même temps que le forfait, avec la même décote éventuelle. La cotisation dépend de la classe choisie ; le barème 2026 en prévoit trois :
En libéral, la classe se choisit dans l’espace personnel, du 1er au 31 janvier. Ce choix joue à la fois sur l’effort pendant l’activité et sur le montant futur.
Exemple chiffré : une avocate née en 1968
Prenons une avocate née en 1968, juriste salariée pendant 26 trimestres avant son serment, puis 146 au Barreau, avec 10 000 points acquis.
S’y ajoutent ses pensions de salariée (Assurance retraite et Agirc-Arrco), versées à part pour sa période de juriste.
Avec seulement 22 trimestres de juriste, soit 168 au total, elle subirait 5% de décote à l’âge légal : environ 110€ brut de moins par mois, à vie.
Notre guide explique combien de trimestres faut-il pour la retraite et comment ils se valident.
Combien coûtent les cotisations CNBF en 2026 ?
En libéral, vous financez quatre postes, dont les montants sont votés tous les ans :
Le droit de plaidoirie couvre un tiers des charges de la base. Si vous en reversez trop peu au regard de vos revenus, une contribution équivalente est appelée deux ans plus tard.
Les deux premières années, la part proportionnelle est provisoire et calculée sur 19% du plafond de la Sécurité sociale, soit 9 131€.
Un jeune inscrit en 2026 paie ainsi 363€ de forfait, 292€ de part proportionnelle, 639€ pour les points en classe C1 et 68€ de prévoyance, hors plaidoiries.
Ces sommes sont régularisées quand le revenu réel est connu.
Quand payer ?
L’appel provisionnel arrive en avril, calculé sur le revenu de l’avant-dernière année ; il est exigible au 30 avril.
Vous pouvez régler en une fois, en deux fois (30 avril et 30 octobre) ou par prélèvements sur 2, 7 ou 12 mois. Un retard coûte 5%, puis 0,6% par trimestre.
En salariat, l’employeur déclare et paie par la DSN.
Que couvre le régime invalidité-décès de la CNBF ?
Cette protection concerne l’exercice libéral. En salariat, ces risques relèvent du régime général.
Selon la page de la caisse consacrée à ces garanties, les prestations sont les suivantes :
Les indemnités journalières supposent 12 mois d’affiliation et des comptes à jour. Les périodes indemnisées comptent comme durée d’assurance.
Le contrat de prévoyance du Barreau couvre aussi la maladie et l’hospitalisation des 90 premiers jours, ainsi qu’un complément de rente.
La réversion revient au conjoint survivant non remarié, sans condition de ressources : son montant est de 50% du forfait et 60% des points.
Il faut 5 ans de mariage, sauf enfant commun ; pour les points, le conjoint doit aussi avoir 50 ans, sauf enfant commun. Voir notre article sur le droit à la réversion.
Peut-on cumuler sa retraite CNBF et une activité d’avocat ?
Oui, sous conditions. Selon la CNBF, jusqu’au 31 décembre 2026, il faut le taux plein et avoir liquidé toutes ses autres pensions.
Vous restez inscrit au Barreau et continuez à cotiser. Ces versements n’ouvrent de nouveaux droits qu’au régime de base, dans la limite de 5% du plafond de la Sécurité sociale.
Pour une pension qui débute à partir du 1er janvier 2027, la réforme votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 restreint ce cumul :
En juillet 2026, les décrets d’application étaient attendus pour octobre : vérifiez les règles en vigueur avant de fixer votre date.
Notre guide sur le cumul emploi-retraite détaille cette réforme.
Peut-on racheter des trimestres à la CNBF ?
Oui. Entre 20 et 67 ans, vous pouvez en racheter jusqu’à 12, pour des études supérieures diplômantes ou des périodes incomplètes.
La première option réduit seulement la décote ; la seconde compte aussi ces trimestres dans le calcul du forfait.
Le prix dépend de l’âge et de l’option, selon un barème fixé par arrêté. Il est déductible des revenus professionnels et doit être payé avant la liquidation.
Pour juger de son intérêt : le rachat de trimestres est-il une bonne option ?
Comment demander sa retraite à la CNBF ?
La pension prend effet au premier jour d’un trimestre civil : 1er janvier, 1er avril, 1er juillet ou 1er octobre.
La demande doit arriver au plus tard le dernier jour du trimestre précédent : avant le 30 juin pour un départ au 1er juillet.
Elle se fait directement ou en ligne, avec la demande unique sur Info Retraite qui transmet vos pièces à tous vos organismes.
Les principales pièces demandées sont :
- votre acte de naissance et vos actes de mariage ;
- vos relevés de carrière de chaque organisme ;
- l’attestation du bâtonnier (dates de serment, d’inscription et de démission, pour chaque barreau) ;
- votre livret militaire, le cas échéant ;
- un relevé d’identité bancaire.
Notre guide pour préparer et envoyer son dossier retraite vous aide à anticiper.
Le paiement est mensuel, sous forme d’acompte, à terme échu. L’espace personnel affiche les sommes versées et à venir, et propose un simulateur.
Préparer sa retraite d’avocat avec un expert
Un parcours d’avocat passe souvent par plusieurs organismes : celui du Barreau, mais aussi le régime général et l’Agirc-Arrco pour la collaboration salariée ou les postes de juriste.
Chacun ne voit que sa part de votre parcours : un oubli sur un relevé, s’il n’est pas corrigé avant la liquidation, devient difficile à rattraper.
Notre accompagnement retraite des avocats reconstitue votre parcours complet et vérifie vos droits auprès de chaque organisme.
Pour comparer vos dates de départ et vos options (classe, rachat, cumul), découvrez aussi notre conseil retraite.
Nos experts vous reçoivent à Paris ou à Lyon dans leur cabinet, ou vous accompagnent en visio et par téléphone, en France comme à l’étranger.
Questions fréquentes

Un article de Marilyn Vilardebo
Marilyn Vilardebo, présidente fondatrice d'Origami & Co, cabinet de conseil retraite indépendant. Bureaux à Paris et à Lyon, suivi en visio ou par téléphone partout dans le monde.
Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les chiffres cités sont ceux du barème 2026 et des règles en vigueur à la date de mise à jour.


