Chaque métier ou statut dépend de ses propres régimes de retraite. La plupart des actifs cotisent à deux étages obligatoires : un régime de base et un régime complémentaire.

Un salarié du privé relève ainsi de la Cnav et de l’Agirc-Arrco, un fonctionnaire du Service des retraites de l’État ou de la CNRACL, un avocat de la CNBF.

Voici le tableau complet par statut, les modes de calcul et ce qui se passe quand un parcours professionnel traverse plusieurs caisses.

Les droits du conjoint survivant varient selon les organismes : voir les conditions de la pension de réversion selon le régime.

En bref

  • Le système français repose sur la solidarité entre générations : les cotisations des actifs financent les pensions des retraités (Agirc-Arrco).
  • Il comporte deux étages obligatoires ; les fonctionnaires ont un organisme unique, complété par la RAFP (Union Retraite, 2024).
  • Dans le secteur privé, la retraite complémentaire compte environ 28 millions de salariés cotisants et 14 millions de retraités (Agirc-Arrco).
  • Les régimes spéciaux de la RATP, des industries électriques et gazières, de la Banque de France et des clercs de notaires sont fermés aux agents recrutés depuis le 1er septembre 2023 ; celui de la SNCF depuis 2020 (Union Retraite, 2024).
  • Si vous avez cotisé à plusieurs régimes, chacun verse sa pension et le montant total est la somme de ces pensions (Service-public.fr, 2026).

Les régimes de retraite selon votre statut

Tableau des régimes de retraite de base et complémentaire selon le statut : salariés du privé, fonctionnaires, artisans, libéraux, agriculture, navigants

Comment fonctionne le système de retraite français ?

Un système par répartition

L’argent versé chaque année par les actifs et leurs employeurs paie les pensions des retraités de la même année : c’est la répartition, fondée sur la solidarité entre les générations.

Chaque organisme fixe son taux de cotisation, son âge de départ et sa méthode de calcul, d’où la diversité du paysage.

Qui paie la cotisation retraite ?

Pour un salarié, la cotisation retraite est partagée entre l’employeur et le salarié, et prélevée sur la rémunération brute : elle figure sur chaque fiche de paie.

Au régime général, une part de la cotisation porte sur la rémunération dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, l’autre sur sa totalité. Les indépendants et les libéraux paient eux-mêmes leur cotisation, calculée sur leurs revenus d’activité.

Le taux de cotisation varie d’une profession à l’autre.

Base et complémentaire

La retraite obligatoire se construit en deux étages :

  • la base se calcule en trimestres : le montant dépend d’un revenu moyen, d’un taux et de la durée cotisée ;
  • la complémentaire se calcule en points : les cotisations achètent des points, et la pension est égale à leur nombre multiplié par la valeur du point au moment du départ.

Dans la fonction publique et la plupart des régimes spéciaux, un seul organisme assure les deux étages. Un troisième étage, facultatif, regroupe l’épargne retraite (plan d’épargne retraite individuel ou d’entreprise).

Tableau : quel régime de retraite selon votre statut ?

Ce tableau reprend la fiche « Les régimes de retraite en France » de l’Union Retraite, le groupement des régimes obligatoires qui gère le site Info Retraite.

StatutBaseComplémentaire
Salariés de l’industrie, du commerce et des servicesCnav (L’Assurance retraite)Agirc-Arrco
Contractuels de l’État et des collectivitésCnavIrcantec
Personnel navigant de l’aviation civileCnavCRPN
Artistes-auteursCnavIrcec
Artisans, commerçants, libéraux non réglementésCnavRCI (indépendants)
Salariés agricoles, mineurs, membres des cultesMSA, CANSSM ou CavimacAgirc-Arrco
Exploitants agricolesMSAMSA
Fonctionnaires de l’État, magistrats, militairesSRERAFP (primes)
Fonctionnaires territoriaux et hospitaliersCNRACLRAFP (primes)
Professions libérales (hors avocats)CNAVPL (10 sections) : retraite CIPAV et retraite CAVOMSection de la profession
AvocatsCNBFCNBF
Entreprises ou professions à statut particulierCaisse propre (régime spécial)Incluse

Quel est le régime de retraite des salariés du privé ?

Retraite de base : la Cnav

La pension de base est versée par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), via les Carsat en région, sous le nom de L’Assurance retraite.

Selon la fiche Service-public.fr sur le calcul de la retraite de base, la pension est égale au salaire annuel moyen des 25 meilleures années, multiplié par un taux de 50% au maximum et par le rapport entre vos trimestres et la durée exigée.

Les rémunérations sont retenues dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale. Certaines périodes sans activité, comme le chômage indemnisé, la maladie ou la maternité, valident aussi des trimestres.

L’âge légal de départ et le nombre de trimestres exigé dépendent de l’année de naissance : pour une personne née en 1964, l’âge légal est de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres.

S’il en manque, le taux de liquidation baisse de 0,625% par trimestre manquant, dans la limite de 20 ; à 67 ans, le taux plein est acquis quoi qu’il arrive. Pour le détail, voir comment est calculée la pension du régime de base et comment fonctionnent les trimestres de retraite.

Retraite complémentaire : un régime par points

La complémentaire des salariés du privé, l’Agirc-Arrco, est née le 1er janvier 2019 de la fusion de l’Agirc, la caisse des cadres, et de l’Arrco, celle de tous les employés ; les droits acquis avant la fusion sont conservés.

Selon l’Agirc-Arrco, sa fédération coordonne 12 institutions et couvre la quasi-totalité des entreprises privées, agriculture comprise : environ 28 millions de salariés, 14 millions de retraités et 1,8 million d’entreprises.

Chaque année, la cotisation est convertie en points ; à la liquidation, la pension est égale au total acquis multiplié par la valeur du point.

Agriculture, aviation, mines : des caisses propres au métier

Certains métiers ont leur propre organisme :

  • dans l’agriculture, les salariés cotisent à la MSA pour la base ;
  • le personnel navigant de l’aviation civile (pilotes, hôtesses et stewards) cotise à la CRPN en plus de la Cnav : voir notre article sur la retraite CRPN ;
  • les mineurs dépendent de la CANSSM, les membres des cultes de la Cavimac ;
  • les contractuels de la fonction publique cotisent à l’Ircantec en plus de la Cnav.

Quel est le régime de retraite des fonctionnaires ?

Les fonctionnaires de l’État, les magistrats et les militaires dépendent du Service des retraites de l’État (SRE) ; les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL).

Ces régimes sont dits « intégrés » : une seule pension couvre les deux étages.

Selon la fiche Service-public.fr sur le montant de la retraite d’un fonctionnaire, le calcul retient 75% du dernier traitement indiciaire brut détenu depuis au moins 6 mois, multiplié par le rapport entre les trimestres liquidables et ceux exigés pour le taux plein.

Les primes n’entrent pas dans ce calcul : elles relèvent de la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), dans la limite de 20% du traitement brut annuel. Une décote s’applique aussi si des trimestres manquent avant l’âge du taux plein.

Quel est le régime de retraite des indépendants et des professions libérales ?

Artisans, commerçants et libéraux non réglementés

L’ancien régime social des indépendants (RSI) a disparu. La pension de base des artisans, commerçants et industriels est aujourd’hui versée par la Cnav, avec les mêmes règles que pour les salariés ; leur complémentaire relève du régime complémentaire des indépendants (RCI).

Les droits acquis au RSI sont conservés. Voir notre accompagnement des artisans et commerçants.

Professions libérales

Les libéraux dépendent de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), qui regroupe 10 sections : Cavom (officiers ministériels), Carmf (médecins), CARCDSF (chirurgiens-dentistes et sages-femmes), CAVP (pharmaciens), Carpimko (infirmiers, kinésithérapeutes et autres auxiliaires médicaux), CARPV (vétérinaires), Cavamac (agents généraux d’assurance), Cavec (experts-comptables), Cipav et CPRN (notaires).

Chaque section gère la base, commune à tous les libéraux, et le second étage propre à sa profession. Les avocats ont leur propre organisme, la CNBF, pour les deux étages. Pour un bilan selon votre section, voir notre accompagnement retraite des professions libérales.

Exploitants agricoles

Les chefs d’exploitation cotisent à la MSA pour leurs deux étages de retraite.

Que sont les régimes spéciaux de retraite ?

Les régimes spéciaux couvrent des entreprises ou des professions à statut particulier. Un seul organisme y verse toute la pension. Plusieurs ont été fermés aux nouveaux recrutés. Selon l’Union Retraite, les agents recrutés après la date de fermeture sont affiliés à la Cnav et à l’Agirc-Arrco :

Régime spécialQui est concernéSituation
SNCF (CPRPF)CheminotsRéservé aux agents recrutés jusqu’au 31 décembre 2019
RATP (CRP RATP)Agents de la RATPRéservé aux agents recrutés jusqu’au 31 août 2023
Industries électriques et gazières (CNIEG)Agents d’EDF, Engie et des autres entreprises du secteurRéservé aux agents recrutés jusqu’au 31 août 2023
Banque de FranceAgents de la banque centraleRéservé aux agents recrutés jusqu’au 31 août 2023
Clercs et employés de notaires (CRPCEN)Personnel des études notarialesRéservé aux recrutés jusqu’au 31 août 2023
Marins (Enim)Marine marchande et pêcheToujours en place
Ouvriers de l’État (FSPOEIE)Ouvriers des établissements industriels de l’ÉtatToujours en place
Comédie-Française (CRPCF), Opéra de Paris (CROPERA)Personnels de ces deux institutionsToujours en place

Les agents recrutés avant ces dates gardent leur régime spécial. Pour les clercs et employés de notaires, voir la retraite CRPCEN.

Plusieurs régimes au cours de sa vie : comment sont calculées les pensions ?

Si vous avez été successivement salarié, indépendant ou fonctionnaire, vous êtes « polypensionné ». Selon la fiche Service-public.fr sur les polypensionnés, chaque régime, de base et complémentaire, auquel vous avez obligatoirement cotisé vous verse une pension selon ses propres règles.

Les droits acquis dans chaque régime sont conservés, et le montant total de votre retraite est la somme de ces pensions.

Une exception simplifie le calcul pour les régimes dits « alignés » : depuis le 1er juillet 2017, pour les personnes nées à partir de 1953 qui ont cotisé à au moins deux d’entre eux (régime général, salariés agricoles, indépendants), un seul calcule et verse la pension de base sur l’ensemble du parcours.

C’est la liquidation unique des régimes alignés (Lura). Les exploitants agricoles n’en relèvent pas.

Dans tous les cas, la demande se fait en une seule fois en ligne, pour tous vos régimes : voir notre guide du dossier de demande de retraite.

Comment savoir à quel régime de retraite vous appartenez ?

Votre compte sur Info Retraite liste vos régimes et leurs coordonnées, dans la rubrique « Ma carrière / Mes régimes de retraite ». Vos fiches de paie mentionnent aussi la cotisation versée à chacun. Pour vérifier que vos droits sont bien enregistrés, consultez votre relevé de carrière.

Les règles d’âge et de durée évoluent avec les réformes et les lois de financement de la Sécurité sociale : pour les derniers changements, voir notre article sur la suspension de la réforme des retraites.

Se faire accompagner quand on dépend de plusieurs régimes

Un parcours qui passe par plusieurs régimes multiplie les méthodes de calcul, les relevés à vérifier et les risques d’oubli. Notre conseil retraite reconstitue votre parcours dans tous vos régimes, vérifie vos droits et chiffre vos options de départ.

Nos experts vous reçoivent à Paris ou à Lyon dans leur cabinet, ou vous accompagnent en visio et par téléphone, en France comme à l’étranger.

Questions fréquentes

Il n’existe pas de décompte unique. Le projet de loi instituant un système universel, présenté en janvier 2020, évoquait 42 régimes existants, de base et complémentaires obligatoires. Ce projet n’a pas abouti, et plusieurs régimes spéciaux ont depuis été fermés aux nouveaux recrutés.

Pour la base : la Cnav (privé, indépendants), la MSA (agriculture), le SRE et la CNRACL (fonctionnaires), la CNAVPL et la CNBF (libéraux). Pour la complémentaire : l’Agirc-Arrco, l’Ircantec, le RCI des indépendants et les sections de la CNAVPL.

La base se calcule en trimestres, à partir de vos meilleurs revenus et d’un taux. La complémentaire se calcule en points, achetés par les cotisations. Les deux sont obligatoires et versent chacune une pension ; ensemble, ces pensions forment votre retraite.

Leur pension principale, versée par le SRE ou la CNRACL, tient lieu de base et de complémentaire. Ils cotisent en plus à la RAFP sur leurs primes, dans la limite de 20% du traitement brut annuel. Les contractuels cotisent à l’Ircantec.

Oui, pour les agents recrutés avant leur fermeture. Ceux de la RATP, des industries électriques et gazières, de la Banque de France et des clercs de notaires sont fermés aux recrutés depuis le 1er septembre 2023, celui de la SNCF depuis 2020. D’autres restent en place, comme celui des marins.

Oui, par exemple en étant à la fois salarié et indépendant. Chaque régime versera sa pension ; pour les régimes alignés, la Lura regroupe le calcul de la base.

Dans votre compte Info Retraite, rubrique « Ma carrière / Mes régimes de retraite », ou sur vos fiches de paie.

La Cnav pour la base et le régime complémentaire des indépendants, qui a remplacé l’ancien RSI.

Portrait de Marilyn Vilardebo, présidente fondatrice d'Origami & Co

Un article de Marilyn Vilardebo

Marilyn Vilardebo, présidente fondatrice d'Origami & Co, cabinet de conseil retraite indépendant. Bureaux à Paris et à Lyon, suivi en visio ou par téléphone partout dans le monde.

Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour.

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